Toscane – Sienne

Publié le par gillou

Selon la légende, Sienne fut fondée par Senius et Aschius, fils de Rémus, lui-même frère de Romulus (fondateur de Rome). Ils fuirent la ville pour échapper à la fureur de leur oncle Romulus, sur deux chevaux donnés par Apollon et Diane, l'un blanc et l'autre noir. Ils s'arrêtèrent dans la vallée du Tressa et fondèrent une ville qu'ils baptisèrent du nom de l'aîné, Sienne (en latin Sena Julia). Le blanc et le noir devinrent alors les couleurs de la ville.

Sienne fut une ancienne colonie romaine fondée par Auguste. Au Ve siècle, elle devint siège épiscopal. La ville se développe dès le VIIe siècle à l'époque des rois lombards. Devenue cité libre et indépendante au XIIe siècle, elle fut la rivale de Florence, d'autant plus que gibeline, c'est-à-dire partisane de l'empereur, elle s'opposait à la politique guelfe – favorable au pape – de sa voisine qu'elle tint longtemps en respect avant de lui infliger une cinglante défaite en 1260, à la bataille de Montaperti.

Dès le XIIe siècle, les nobles propriétaires de castellari, palais urbains munis d'une tour carrée, contrôlaient un réseau de rues privées qui les reliaient à leurs alliés mais aussi aux marchés et à des portes de sortie sur la campagne qui leur permettaient de fuir vers leurs fiefs. Au lendemain des batailles du XIIIe siècle, les factions victorieuses s'appliquaient à piller les vaincus et à incendier leurs palais. Ces lieux, tel Carthage dans l'Antiquité, étaient réputés maudits et on interdisait, en guise de punition, de reconstruire par dessus. Ces lieux laissés à l'abandon devenaient ainsi des cloaques alors que la municipalité développait de grands soins à décorer et embellir la ville. Dans certains cas, les maisons n'étaient pas détruites mais confisquées par la municipalité, qui les rasait pour élargir les rues ou les places ; c'est ainsi que fut construite la Via Supra Posteria, aujourd'hui la Costa larga : tracée dès 1290, la municipalité attendit que Gabrielle Speranza, dont le palais se trouvait malencontreusement sur le chemin, soit déclarée traître et qu'un autre patricien meure, mais il a fallu attendre 1360 pour que cette voie soit ouverte.

La ville vit naître au XVII siècle l'Accademia dei Fisiocritici qui est l'Accademia delle Scienze di Siena.

La Piazza del Campo (ou Il Campo) est la place principale de la ville de Sienne. Elle est reconnaissable par sa forme incurvée comme un amphithéâtre, donnant à son bas sur le Palazzo Pubblico et sa tour la Torre del Mangia haute de 102 m. La course de chevaux le Palio, a lieu deux fois par an sur cette place alors recouverte de terre pour chaque coureur représentant sa contrada (dont seulement 10 sur les 17, choisies par tirage au sort).

La ville de Sienne a toujours été fière et puissante, au point de rivaliser avec Florence. Malgré les luttes de factions entre Guelfes (partisans du pape) et Gibelins (partisans de l'empereur) et les conflits avec ses voisines (1260), la municipalité de Sienne a développé un soin constant pour embellir la ville. Dans une Italie où toutes les villes montrent fièrement leur puissance en orchestrant leur pouvoir par un urbanisme hautement politisé, Sienne fait construite la Piazza del Campo comme un véritable emblème.

Profitant d’importants travaux au palais de la commune, les Siennois engagent au début du XIII siècle les travaux du campo. Dès 1218, des officiers délégués par la commune arpentent et bornent l’espace de la future place. Des sommes considérables y sont allouées : on dégage notamment les espaces encombrés par diverses bâtisses. Pour donner de l’espace à cette place, les officiers communaux décident de réunir entre eux deux campi : le Campo San Paolo et le Campo del Fioro. Ils achètent les jardins avoisinants, puis les maisons ; un mur est élevé pour protéger la place de l’eau qui l’envahit régulièrement en automne et en hiver. Dans le même temps, on réorganise les commerces : les marchands de vin, les bouchers, les paysans et les marchés doivent aller s’installer près des portes de l’enceinte fortifiée. Les travaux prennent cependant du retard compte tenu des expropriations à effectuer (escaliers, terrains et balcons encombrent l’espace public pendant plus de cinquante ans ; les eaux usées et les déchets y sont régulièrement jeté).

Cette place magnifique fait la fierté de la municipalité qui, dès 1250, emploie des custodes pour surveiller le campo. 19 articles des statuts urbains de 1262 précisent les contraintes et les règlements sur la place (pour chasser les vagabonds, les prostituées, interdire les cavalcades).

Le Palio, course effrénée et brutale qui s’était longtemps courue hors les murs, est désormais installée par la commune sur le campo. La course perd ainsi une partie de sa violence.

La Cathédrale Notre Dame de l’Assomption ou Santa maria di Assunta en italien, appelée couramment Duomo di Siena est la cathédrale de Sienne, en Toscane (Italie).

Elle domine une ville déjà perchée et concentrée entre ses remparts. Elle est caractéristique d'un art gothique italien construit au XIIIe siècle (sur une base initiale, romane, datant du XIIe siècle), sa façade d'après les dessins de Giovanni Pisano est construite entre 1284 et 1299, ses travaux interrompus au milieu du XIVe siècle sont repris ensuite dès l'abandon du projet initial qui ne pouvait aboutir par son ampleur demesurée.

On trouve trace de ce gigantisme non abouti dans la facciatone, un des murs, en arcade, élément porteur laissé sans objet et absorbé depuis par le Museo dell'Opera Metropolitana del Duomo. L'accès à son sommet permet d'avoir une vue imprenable sur Sienne et la place du Campo.

André Suarès, le note ainsi dans son ouvrage Voyage du condottière :

« Quelle grandeur, quelle flamme d’amour dans ces petits Siennois. Si ardents, si riches qu’ils fussent au début du quatorzième siècle, il leur faut une audace passionnée pour oser concevoir, au plus haut d’une ville et d’un terrain si difficile, l’exaltation d’un tel colosse. »

  • la façade de marbres blanc, noir et rouge, et les trois portails à décors sculptés très fins sur les colonnes et les architraves,
  • le campanile en marbre noir et blanc à base hexagonale romane et à lanterne polygonale, des architectes Agnolo di Ventura et Agostino di Giovanni.
  • le parvis accessible par un escalier à volée de marches qui donnera son nom à l'hôpital qui lui fait face Santa Maria della Scala,
  • chœur et son maître-autel de Baldassarre Peruzzi (1506) qui comportait la Maestà de Duccio de 1308 (à présent au musée de Œuvre de la cathédrale)
  • La statue de saint Jean-Baptiste de Donatello,
  • le pavement de 3 000 m2 avec ses 37 marqueteries de marbre, représentant les sibylles, comme la sibylle hellespontique de Neroccio di Landi,
  • la chapelle Chigi (1661) consacrée à la Vierge du Vœu (del Voto),
  • la chaire de Nicola Pisano à colonnes de porphyre et marbre vert (quatre reposent sur des lions ), à arcs trilobés et sept panneaux racontant des épisodes de la vie du Christ,
  • la Libreria Piccolomini, bibliothèque du cardinal Francesco Piccolomini (futur Pie III) de 1495 : fresques de Pinturicchio (Vie de Pie II Piccolomini) et collections en vitrine d'antiphonaires placés sur des pupitres sculptés d'Antonio Barili, le Boulle de la renaissance

La Basilique San Domenico (Basilica Cateriniana di San Domenico) est la plus importante église de Sienne en Toscane. Elle se situe Via Camporegio et domine le vallon de Fontebranda, quartier de naissance et de la famille de sainte Catherine.

L'église fut élevée intialement entre 1226 et 1265 en brique ; au cours du Trecento le complexe fut agrandi dans les formes gothiques dont les seules visibles aujourd'hui sont celles qui ont résisté aux incendies (1443, 1531), aux occupations militaires (1548-1552) et au tremblement de terre de 1798.

Elle est bâtie sur un plan en croix égyptienne avec une voûte imposante et un transept comportant de hautes chapelles, avec un chevet plat d'inspiration cistercienne.

Catherine de Sienne, née Catherine Benincasa à Sienne (Toscane, Italie) le 25 mars 1347, morte à Rome le 29 avril 1380, est une mystique, tertiaire dominicaine et théologienne. Elle a été proclamée docteur de l'Église (en même temps que Thérèse d'Avila) par le pape Paul VI, le 4 octobre 1970. Sa fête est fixée le 29 avril.

Ce docteur de l'Église, dit-on, ne savait pas écrire et ignorait le latin ! Les œuvres qu'elle a dictées sont considérables, par leur ampleur, leur contenu et aussi leur importance dans l'histoire de la langue italienne.

Elle est la sainte patronne des journalistes et des médias (Internet inclus), ainsi que de tous les métiers de la communication, en raison de son œuvre pour la papauté. Elle est co-sainte patronne de l'Europe depuis le 1er octobre 1999.

Publié dans gillou45

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